Audit SEO WordPress : 12 points à contrôler

WordPress fait tourner une grande partie des sites de TPE et de PME, et il a ses propres pièges SEO : une case cochée à l’installation qui bloque Google, des pages créées automatiquement pour chaque image, deux extensions qui écrivent chacune leurs balises. Voici les points à contrôler sur un site WordPress, dans l’ordre où je les vérifie quand je reprends un site, avec la façon de les tester vous-même.

Avant de commencer : regardez la page servie, pas l’éditeur

Sur WordPress, ce que vous voyez dans l’éditeur n’est pas toujours ce que Google reçoit. Le thème, les constructeurs de pages comme Elementor et les extensions ajoutent ou remplacent du contenu au moment de l’affichage. Tous les contrôles ci-dessous se font donc sur la page publiée : clic droit, « Afficher le code source de la page », ou avec l’outil d’inspection d’URL de la Search Console.

1. La case qui demande à Google de ne pas indexer le site

Dans Réglages > Lecture, WordPress propose une option « Demander aux moteurs de recherche de ne pas indexer ce site ». Elle est souvent cochée pendant la construction, puis oubliée à la mise en ligne. Le site entier passe alors en noindex.

Test : dans le code source de la page d’accueil, cherchez noindex. Si la balise <meta name='robots' content='noindex…'> apparaît alors que vous voulez être trouvé, décochez la case. C’est le premier point que je contrôle, parce que c’est celui qui coûte le plus cher : je l’ai déjà trouvé coché sur un site publié depuis deux jours, qui n’avait donc aucune chance d’apparaître dans Google.

2. Une seule extension SEO

Yoast SEO, Rank Math, SEOPress, All in One SEO : chacune écrit les titres, les descriptions, le sitemap et les données structurées. Deux extensions actives en même temps, ou une extension plus un thème qui gère aussi le SEO, produisent des balises en double ou contradictoires.

Test : dans le code source, cherchez <title> et name="description". Chaque balise doit apparaître une seule fois.

3. Le titre réellement affiché

Le titre que vous saisissez dans l’extension SEO n’est pas toujours celui qui sort : un thème, un bout de code ajouté dans functions.php ou une extension peut le remplacer. Google peut aussi réécrire un titre qu’il juge peu représentatif, comme l’explique sa documentation sur les liens de titre.

Test : comparez le <title> du code source avec ce que vous avez saisi. Gardez des titres précis, différents d’une page à l’autre, qui commencent par ce que la page propose.

4. Un seul titre H1 par page

Beaucoup de thèmes affichent automatiquement le titre de la page en H1, et beaucoup de constructeurs de pages ajoutent leur propre H1 dans le contenu. Résultat : deux H1, parfois contradictoires.

Test : dans le code source, comptez les <h1. S’il y en a deux, gardez celui qui décrit le mieux la page et transformez l’autre en paragraphe ou en H2.

5. Les pages de fichiers joints

Jusqu’à WordPress 6.4, chaque image envoyée dans la médiathèque créait sa propre page, sans contenu utile, que Google pouvait indexer. Depuis la version 6.4, ces pages sont désactivées, mais seulement sur les nouvelles installations, comme l’indique la note de l’équipe WordPress. Un site plus ancien les garde.

Test : ouvrez une image depuis la médiathèque et cliquez sur « Voir la page du fichier joint ». Si une page s’affiche, réglez votre extension SEO pour rediriger ces pages vers le fichier ou vers l’article parent.

6. Le sitemap : un seul, et soumis

Depuis la version 5.5, WordPress génère son propre sitemap à l’adresse /wp-sitemap.xml (annonce de l’équipe WordPress). Les extensions SEO le remplacent généralement par le leur, par exemple /sitemap_index.xml.

Test : ouvrez les deux adresses. Vérifiez lequel est actif, qu’il ne liste que des pages que vous voulez voir dans Google, et que c’est bien celui-là qui est déclaré dans la Search Console. Google explique le rôle du sitemap dans sa documentation.

7. Les catégories, étiquettes et archives

WordPress crée une page pour chaque catégorie, chaque étiquette, chaque auteur et chaque mois d’archive. Sur un petit site, ces pages ne contiennent souvent qu’une liste de deux ou trois articles, sans texte. Elles diluent le site et se font parfois concurrence avec vos vraies pages.

Test : listez vos étiquettes. Celles qui ne regroupent qu’un ou deux articles sont à supprimer ou à passer en noindex ; les catégories utiles méritent un court texte d’introduction. Google explique comment exclure une page de l’index.

8. Les permaliens et les adresses modifiées

Les adresses doivent être lisibles (/creation-site-vitrine/ plutôt que /?p=123) : c’est le réglage Réglages > Permaliens. Quand vous changez l’adresse d’un article, WordPress redirige généralement l’ancienne ; pour une page ou un changement de structure, il faut souvent poser une redirection 301 vous-même, sinon les liens et la visibilité de l’ancienne adresse sont perdus.

Test : dans la Search Console, rapport « Pages », regardez les URL en erreur 404 qui recevaient du trafic.

9. Les doublons d’adresses

Un même contenu accessible avec et sans www, en http et en https, avec et sans barre finale : pour Google, ce sont des adresses différentes. Il faut une seule version, les autres redirigées vers elle, et une balise canonique cohérente. Voir la documentation de Google sur les URL en double.

Test : tapez votre adresse sous ses quatre formes ; elles doivent toutes aboutir à la même.

10. La vitesse et l’affichage mobile

Sur WordPress, la lenteur vient presque toujours des mêmes causes : images trop lourdes, trop d’extensions, constructeur de pages chargé, absence de cache, hébergement sous-dimensionné.

Test : passez vos pages principales dans PageSpeed Insights et regardez les Core Web Vitals mesurés chez les vrais visiteurs, pas seulement la note.

11. Les mises à jour et la version de PHP

Un WordPress, un thème ou des extensions pas à jour, c’est d’abord un risque de sécurité, et un site piraté peut se retrouver déclassé ou signalé par Google. WordPress publie les versions de PHP recommandées.

Test : Outils > Santé du site vous signale les mises à jour en attente et une version de PHP trop ancienne. Si personne ne s’en occupe, c’est le rôle de la maintenance.

12. Le maillage interne et les pages orphelines

Une page qu’aucune autre page du site ne relie est difficile à trouver pour Google comme pour vos visiteurs. Sur WordPress, c’est fréquent pour les pages créées hors du menu, comme les pages de prestations ou de villes.

Test : pour chaque page importante, vérifiez qu’au moins deux ou trois autres pages pointent vers elle, avec un texte de lien qui décrit ce qu’elle propose.

À retenir : les points 1 à 4 se vérifient en dix minutes et causent les dégâts les plus graves. Commencez par eux.

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